Une hospitalisation est déjà un moment assez lourd à gérer, sans en plus découvrir (trop tard) que vos droits à l’AAH peuvent bouger. Pourtant, la règle est relativement simple : jusqu’à 60 jours d’hospitalisation, l’AAH reste en principe inchangée… mais au-delà, une réduction peut s’appliquer, avec plusieurs exceptions importantes. Dans cet article, on vous explique concrètement ce qui se passe, à partir de quand, dans quels cas l’AAH baisse, et surtout comment éviter les mauvaises surprises (trop-perçu, suspension d’un complément, oubli de déclaration).
Ce qui change (ou non) sur l’AAH pendant une hospitalisation
Hospitalisation de plus de 60 jours : réduction possible à 30 %
Si l’hospitalisation (ou l’hébergement en MAS) dure plus de 60 jours, le montant de l’AAH peut être réduit à 30 %. Service-Public indique un montant de référence de 310 € par mois dans ce cas.
Dit autrement : le basculement se joue à partir du 61e jour (on parle souvent de “60 jours révolus”). C’est le point qui surprend le plus, parce qu’on ne le voit pas venir quand l’hospitalisation se prolonge “sans date de sortie certaine”.
Pour connaître le montant de votre aide en cas d’hospitalisation, vous pouvez faire une simulation AAH CAF sur le site Mes Allocs.fr. L’outil vous pose quelques questions et vous donne une estimation du montant de l’AAH que vous allez toucher.
Hospitalisation de moins de 60 jours : en général, pas de baisse
Si vous êtes hospitalisé (ou hébergé en maison d’accueil spécialisée) moins de 60 jours, vous continuez à percevoir le montant maximal de l’AAH. La fiche officielle Service-Public rappelle clairement ce principe et donne le montant de référence (au moment de la mise à jour).
En pratique, cela signifie que si votre séjour est court (ou si vous sortez avant d’atteindre le seuil), vous n’avez pas forcément d’impact sur le versement mensuel – mais restez vigilant : la CAF peut vous demander de déclarer votre situation si l’hospitalisation s’allonge.
Les exceptions qui évitent la réduction
Bonne nouvelle : même si votre hospitalisation dépasse 60 jours, la réduction ne s’applique pas dans plusieurs situations. Service-Public liste notamment ces exceptions :
- Vous payez un forfait journalier (exemple donné : 20 € par jour).
- Vous avez au moins un enfant à charge (au sens des prestations familiales).
- Vous avez un ascendant à charge au sens fiscal (par exemple si vous lui versez une pension alimentaire).
- La personne avec laquelle vous vivez en couple ne travaille pas, pour un motif reconnu par la CDAPH.
Sur le forfait hospitalier, retenez l’essentiel : il correspond à la participation aux frais d’hébergement et d’entretien, et son montant est notamment de 20 € par jour en hôpital/clinique (et 15 € en psychiatrie), selon ameli.
Après la sortie : est-ce que l’AAH remonte automatiquement ?
Oui : à la fin de l’hospitalisation (ou de l’hébergement), vous retrouvez le montant “normal” de l’AAH. Mes Allocs indique que vous percevez de nouveau le montant maximal à l’issue de la période d’hospitalisation/hébergement.
Dans la vraie vie, ce retour “automatique” dépend beaucoup d’un point : est-ce que votre CAF a bien reçu votre justificatif de sortie ? Sur sa page “Je suis hospitalisé”, la CAF rappelle justement qu’il faut penser à transmettre le justificatif de sortie et mettre à jour votre situation.
Et les compléments de l’AAH (MVA, complément de ressources) : attention aux suspensions
Quand on parle d’“AAH”, on pense souvent au montant principal. Mais certaines personnes ont (ou ont eu) un complément :
Majoration pour la vie autonome (MVA)
La MVA est un complément lié au fait de vivre dans un logement indépendant. Son versement est maintenu pendant 60 jours en cas d’hospitalisation, puis interrompu après 60 jours révolus.
Complément de ressources (CPR)
Même logique pour le complément de ressources : il est maintenu durant 60 jours révolus en cas d’hospitalisation, puis il peut être interrompu au-delà.
Si vous êtes concerné, c’est crucial : vous pouvez avoir deux impacts en parallèle (réduction de l’AAH + suspension d’un complément), selon votre situation.
Les démarches à faire pour éviter un trop-perçu
C’est la partie “anti-stress”. Parce que le vrai problème, ce n’est pas seulement une baisse : c’est de recevoir trop, puis de devoir rembourser.
La CAF explique que si vous êtes hospitalisé plus de 60 jours, vous devez déclarer votre situation dans votre espace en ligne, et transmettre un justificatif d’hospitalisation. Elle précise aussi de transmettre, à la sortie, le justificatif de sortie et de mettre à jour votre situation.
Concrètement, si vous deviez retenir une seule règle : dès que vous comprenez que l’hospitalisation va dépasser 60 jours, déclarez-le. Cela limite fortement le risque de régularisation désagréable.
Cas pratiques : ce qui arrive le plus souvent
“Je suis hospitalisé 2 mois, puis je rentre chez moi”
Dans ce scénario, vous êtes autour du seuil. Tant que vous restez dans les 60 jours, l’AAH n’est pas censée être réduite. Pensez quand même à conserver vos justificatifs, car une prolongation peut faire basculer le dossier.
“Je suis hospitalisé 3 mois, mais j’ai un enfant à charge”
Même au-delà de 60 jours, la réduction ne s’applique pas si vous avez au moins un enfant à charge (au sens prestations familiales).
“Je suis hospitalisé longtemps : est-ce que ça peut baisser à 310 € ?”
Oui, si vous dépassez 60 jours et que vous n’êtes dans aucune exception. Service-Public mentionne explicitement la réduction à 30 % et le montant de référence.

Laisser un commentaire